L’effet biophilique, vous connaissez ?
Je l’évoque lors de mes visites-conseils de l’habitat pour promouvoir l’usage du bois et d’une manière générale des matériaux issus du monde végétal. Ils vous reconnectent avec la nature et vous apportent une sensation de bien-être. Formé à partir de la racine grecque « bio » (la vie) et du suffixe « philie » (qui aime), le terme biophilie désigne l’affinité a priori innée des humains pour la nature. Tout le monde reconnaît le caractère chaleureux du bois. Un chalet en bois ne donne pas du tout le même ressenti qu’un logement en parpaings ou en béton banché.
Cette notion, initiée dans les années 1965, a été surtout développée par le biologiste américain Edward O. Wilson dans les années 1980, qui publia en 1984 le livre intitulé Biophilia. Ce scientifique est par ailleurs à l’origine du terme biodiversité !
Depuis une vingtaine d’années, on parle davantage de design ou conception biophilique, notamment en architecture, qui apporte un effet bénéfique sur la qualité de vie dans les logements et les lieux de travail. Ce concept se développe surtout actuellement dans les bureaux de grandes entreprises, mais il est tout à fait applicable à nos logements.
En quoi cela consiste ?
Plusieurs actions peuvent contribuer à bénéficier de cet effet biophilique :
- Favoriser l’accès à la lumière naturelle, la variation de celle-ci au cours de la journée, nous reconnectant avec notre rythme circadien et les cycles des saisons, et le temps qui passe. Les open-spaces, avec des bureaux à plus de 6 m d’une fenêtre, constituent un exemple déplorable sur cet aspect. Le confort visuel et la luminosité des pièces à vivre font partie des critères de bien-être.
- Mettre des plantes d’intérieur et planter à l’extérieur, notamment dans les milieux très urbanisés, pour avoir une vue sur ces végétaux de nos fenêtres. Cela procure des effets psychologiques positifs, renforce la créativité, la productivité, l’efficacité tant en diminuant le stress, l’anxiété, la tension artérielle…
- Voir de l’eau, qui a aussi un effet apaisant, réduisant le stress,
- Privilégier les couleurs proches de celles que l’on trouve dans la nature pour notre intérieur, comme le vert, le jaune, le bleu… Ne sous-estimons pas le pouvoir des couleurs, sachant que le blanc donne un ressenti de froid.
- Privilégier les formes arrondies, harmonieuses, organiques et des textures évoquant la nature (cf. l’Art Nouveau, qui est un mouvement artistique du XIXème et du début du XXème siècle, qui s’inspire des lignes courbes naturelles et des motifs floraux). L’utilisation de motifs biomorphiques permet d’améliorer la perception de l’espace.
- Utiliser des matériaux d’origine naturelle, géosourcés et/ou biosourcés, pour l’isolation et le parement de nos parois. Ils contribuent à notre confort hygrothermique et sensoriel.
- Renouveler l’air intérieur très régulièrement avec une ventilation permanente optimisée, sans utiliser des parfums synthétiques simulant des ambiances, qui sont loin d’être naturelles. Ce léger flux d’air améliore la concentration des occupants, régulant le taux de CO2 en plus de celui de l’humidité, à un niveau recommandé (< 800 ppm).
La biophilie, un concept pertinent pour améliorer votre qualité de vie
Une conception et/ou une rénovation biophilique permet de créer un environnement sain, agréable et apaisant, qui favorise un bien-être physique, mental, émotionnel, réconfortant et ressourçant pour les occupants grâce à une reconnexion positive à la nature.
Cette approche, intégrant des éléments naturels, mériterait d’être plus connue, au même titre que le bioclimatisme, pour améliorer notre ressenti de confort dans nos habitats.
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